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Prix Leenaards 2011

by Aline Gubéran | sept. 27, 2011

Cédric Mabire: "Planification de sortie et bien-être de personnes âgées hospitalisées dans un service de médecine"

En 2009, le nombre de patients de plus de 65 ans hospitalisés au sein des hôpitaux vaudois constituait plus du 20% de leur patientièle. Ce pourcentage a augmenté de 45,6% au cours des 10 dernières années et même de 63,4% pour les personnes âgées de plus de 80 ans.

Si l’on tient compte du fait que, parallèlement à cette évolution, la durée moyenne des séjours hospitaliers est passée de 11,3 jours en 2002 à 9,6 jours en 2009 (soit  15% en 7 ans) - et que cette tendance va se confirmer pour des raisons économiques - on prend alors conscience de l’importance que revêt la préparation à la sortie d’hôpital d’un patient d’autant plus vulnérable qu’il est âgé.

Les jours qui suivent la sortie de l’hôpital constituent en effet une période critique pour les patients et pour leurs proches; et il est capital de bien préparer cette transition, d’une part pour assurer la continuité et la cohérence des soins d’un milieu à l’autre et, d’autre part, pour préparer le patient âgé, souvent atteint de nombreuses pathologies chroniques, à faire face aux multiples problèmes auxquels il sera confronté à son retour à domicile. Il est en effet bien connu qu’une planification de sortie inadéquate entraîne des réadmissions à l’hôpital fréquentes, coûteuses et pénalisantes pour le patient. Sans parler des complications qui, dans un cas sur cinq selon une étude américaine, surviennent après son retour à domicile.

L’objectif du présent projet est d’évaluer en quoi la pratique actuelle de préparation à la sortie de l’hôpital répond aux besoins des personnes âgées et de leurs proches et contribue à leur qualité de vie dans la période post-hospitalière. Il se propose également d’évaluer les composantes favorables à la diminution de l’anxiété et d’améliorer les connaissances nécessaires aux personnes âgées pour faire face à leur(s) pathologie(s). L’étude s’intéressera aussi aux recours aux services de santé, durant les 30 jours suivant la sortie d’hôpital, pour identifier ceux qui sont indispensables et ceux qui auraient pu être évités (consultation chez le généraliste ou des spécialistes, pharmacie, soins paramédicaux, service de soins à domicile, services d’urgences hospitalières et policliniques).

Krzysztof Skuza, co-requérent: "Patient sans être malade : effets d’un diagnostic clinique équivoque sur des sujets diagnostiqués, des proches et des soignants. Les troubles cognitifs légers en question"

La prévalence des troubles démentiels avec l’avancée en âge accroît l’importance de dissiper la confusion qui règne entre syndrome démentiel et vieillissement.

Dans ce contexte, la présente recherche s’intéresse au diagnostic de "troubles cognitifs légers - TCL" fréquemment appliqué à des sujets qui présentent des troubles cognitifs sans perte d’autonomie significative ; un tel diagnostic est susceptible d’évoluer vers une démence, mais sans assurance. Empreint d’incertitude, il laisse planer le doute d’une évolution possible en situation pathologique. Selon la compréhension qu’en a la personne diagnostiquée et les membres de son entourage, la communication d’en tel diagnostic peut susciter des modifications substantielles, tant au niveau des représentations de soi - possible futur.e dément.e et proche de malade - qu’au niveau des activités de la vie quotidienne, du cercle relationnel, du statut social et des projections pour le futur.

Le présent projet de recherche a pour objectif de questionner les effets d’un diagnostic TCL sur les dimensions identitaires, individuelles et relationnelles des personnes concernées. Il vise à mieux comprendre comment celles-ci s’approprient l’information et comment cela oriente leurs dispositions. Pour ce faire, des entretiens qualitatifs sont prévus avec trois catégories de répondants : des personnes diagnostiquées, des proches de ces personnes et des intervenants des services d’aide et de soins à domicile. La confrontations des points de vue exprimés devrait aider au perfectionnement du diagnostic précoce et favoriser l’établissement d’une véritable alliance thérapeutique dès le moment de l’annonce d’un diagnostic TCL.

L’idée est, dans ce sens, de mieux tirer profit du savoir expérientiel des intervenants à domicile, comme les auxiliaires de santé et les aides au ménage, qui sont souvent les premiers à repérer des signes avant-coureurs de troubles cognitifs lors de leurs visites chez des patients âgés et à initier des dispositions de soutien à leur intention.  

  Prix et bourses Leenaards "Personne âgée" 2011